Bref  survol historique d'Oujda

De l’antiquité au moyen Age :

105 av.J-C, D’après l’historien romain Salluste (Guerre de Jugurtha), le fleuve Mulucca (Moulouya) séparait le royaume de Jugurtha, roi de Numidie, de celui de Bocchus, roi de Maurétanie. D’après certaines sources, le "castellum de Moulouya" serait le Jbel Mahsseur situé à 20 Km au sud d’Oujda.

Bref  survol historique d'Oujda

42. la Maurétani, devenue province romaine, fut divisée en Maurétanie césarienne, s’étendant de Sétif à Moulouya, et Maurétanie tingitane, comprise entre l’océan Atlantique et la Moulouya. En dehors de Rusadir (Melilla), comptoir fondé par les Phéniciens et utilisé par les Romains, l’absence de ruines ne permet pas d’affirmer l’existence d’anciens établissements romains dans l’Oriental. Bien que certains historiens prétendent qu’Oujda serait l’ancienne Lanigare de Ptolémée ou encore Stabulum Régis il semble que la zone comprise entre Maghnia (Numerus Syrorum) et la Moulouya n’était qu’une marche entre les Maurétanie césarienne et tingitane.


Conquête arabe entreprise par Okba Ibn Nafii

682. Conquête arabe entreprise par Okba Ibn Nafii, sous le règne des Omeyades de Damas, et parachevée vers 705 par moussa Ibn Noussair.


La fondation en 994 :
Investi par les Khalifes Omeyyades de Cordoue du commandement des deux Maghreb, Ziri Ben Atiya (chef des Maghraoua, groupe de Zénètes nomades au milieu d’une vaste d’une vaste plaine désertique) dut s’y imposer par la force, décida de s’installer au centre du pays qu’il devait administrer plutôt qu’à Fès ou à Tlemcen. Il résolut donc de créer une "capitale" au milieu de la plaine des Angad à proximité de la source de Sidi Yahia et de montagnes qui pourraient éventuellement lui servir de refuge. Mais le site d’Oujda se justifie aussi par le croisement qui s’y opère entre deux grandes voies commerciales : la voie nord-sud de la mer à Sidjilmassa et ouest-est de Fès à Tlemcen. 

1084. Occupation d’Oujda par l’almoravide Youssef Ibn Tachfine avant la poursuite de son avancée vers Tlemcen.

1160-1170. Arrivée des tribus arabes Beni Hilal dans le Maroc oriental où ils développèrent le nomadisme aux dépens de la vie agricole et contribuèrent à l’arabisation et l’islamisation des campagnes.

1272. Destruction d’Oujda par le mérinide Abou el-Hassan (1331-1348)

1360. Installation des Arabes maqil (dont les Angad) dans les plaines comprises entre Tlemcen et la Moulouya par le sultan Abdeloualide Abou Hammou II pour le couvrir contre le royaume de Fès.
La région, qui a longtemps vécu en marge du reste du pays, a constitué pendant plusieurs siècles, une marche historique et fut pendant longtemps disputée, en particulier entre les souverains de Fès et de Tlemcen du XIIIe et XVe siècle, puis depuis le XVe sicle entre les dynasties chérifiennes du Maroc et les Turcs d’Alger.

La période précoloniale :

1497. Prolongeant la Reconquista sur les cotes maghrébines à la suite de la chute de Grenade (1492), les espagnols occupèrent Melilla.

1660-1727. Renaissance de la Tafna comme limite entre les Turcs de la régence d’Alger et les sultans alaouites Mohammed Ier, Moulay Rachid et Moulay Ismail.

1790-1797. Occupation d’Oujda par les Turcs d’alger.

1843. Repli de l’émir Abd el-Kader dans la région d’Oujda à la suite de la prise de smala par les troupes françaises qui s’éteint emparées de Tlemcen(1842) sous le commandement du gouverneur général Bugeaud, partisan de la conquête totale de l’Algérie.

1844 (19 juin). Entrée de Bugeaud à Oujda, abandonnée par les troupes marocaines, qu’il évacua trois jours après.

1844 (14 aout). Bataille d’Isly entre armée française et troupes marocaines.

1845 (18 mars). Traité de Lalla Maghnia délimitant la frontière entre le Maroc et l’Algérie depuis l’embouchure de l’oued kiss jusqu’à Teniet Sassi à l’est d’Ain Bni Mathar.

1903 (26 juin-10 juillet). Séjours à Oujda de Rogui Bou Hmara qui fit de Sélouane une base de repli dans l’Oriental. 

La période coloniale :

L’occupation d’Oujda en 1907 : L’entrée à Oujda eut pour prétexte l’assassinat du docteur Mauchamps à Marrakech (19 mars 1907). Le gouvernement français décida en effet, en représailles de ce meurtre et pour faire pression sur le Makhzen, de faire occuper Oujda par les troupes françaises d’Algérie.

1942. Entrée à Oujda des troupes américaines, sous le commandement du général Clark (1896-1984), à la suite de leur débarquement au Maroc, en novembre 1942, lors des opérations militaires de la Seconde Guerre mondiale.

1942-fin des années 1950. De la période du régime de Vichy (juillet 1940-aout 1944) et du débarquement des troupes américaines en Afrique du Nord (1942), jusqu’à la fin des années 1950, Oujda, ville frontière cosmopolite, participa à l’ambiance de la Seconde guerre mondiale et de la guerre froide. La ville devint dans une moindre mesure, à l’instar de Tanger sous statut international (1923-1956), un nid d’espion ainsi qu’un relais pour l’émigration clandestine des juifs marocains vers Israël, via Oran et Marseille.

1948 (7 juin). Pogrom ayant fait 37 mors à Jrada au lendemain de la création d’Israël.

1953 (16 août). Emeutes sanglantes à Oujda à la suite de déposition du sultan Mohammed V.

1954-1955. N’ayant pas été consultée lors de la suite de la déposition du sultan Mohammed V, l’Espagne de Franco appuya l’opposition marocaine. La zone nord du Maroc devint un refuge pour les résistants et les cadres de l’armée de la libération. Un trafic d’armes allemandes, suisses et tchèques abouti à Nador qui abritait des camps d’entraînement pour le compte des marocains et également pour le FLN (Front de libération nationale) lors de la guerre d’Algérie, avec le soutien de l’Egypte de Nasser.

1954-1962. Afflux de réfugiés algeriens lors de la guerre d’Algerie, vers les villes de l’Oriental.